samedi 7 décembre 2013

Les femmes et les enfants d'abord

On le dit toujours en cas de naufrage, mais en fait, ce n'est pas vrai. Cet ordre a été donné uniquement sur les navires HMS Birkenhead et RMS Titanic. Sur les autres, il semble que le mot d'ordre ait plutôt été "Sauve qui peut !"

Un groupe d'économistes de l'Université d'Uppsala, en Suède a effectué l'analyse de 18 naufrages avec un total de près de 14 000 passagers entre 1852 et 2011. Leur analyse donne une image déprimante du comportement humain.

Les hommes s'en sortent bien mieux que les femmes, lesquelles s'en sortent mieux que leurs enfants. Il semble en plus, que l'équipage n'a pas toujours donné la priorité à la sécurité des passagers. Il a les meilleures chances de survie.Ce qui semble prouver qu'une bonne information est importante. L'équipage connait les procédures et les respecte.

Si on prend le total des 18 naufrages étudiés, les pourcentages de survivants sont les suivants :

Equipage : 61%
Capitaines : 43,8%
Passagers masculins : 37,4%
Passagers féminins : 26,7%
Enfants : 15,3%

Il est terrible de constater que sur ces 18 naufrages, seul un enfant sur six a survécu.

Précédemment, les études se référaient le plus souvent au naufrage du Titanic, qui, finalement était assez atypique. C'est Mikael Elinder, un chercheur en économie à l'Université d'Uppsala qui l'explique. Quand le Titanic a commencé à sombrer, l'ordre "les femmes et les enfants d'abord" a été donné et appliqué sous la menace des armes par le capitaine et l'équipage.
Le temps avant la disparition définitive du navire dans l'eau n'affecte habituellement pas le nombre de femmes et d'enfants sauvés par rapport aux hommes. Seule la discipline imposée peut donner une chance égale à tous. Un capitaine et un équipage autoritaires font la différence. Les différents groupes ont également des chances naturelles de survie très différentes.

Les chercheurs ont également pu discerner un changement significatif au cours du temps. Lors des naufrages les plus anciens il y avait plus de différence dans le taux de survie, mais depuis les années 1900 les différences entre les hommes et les femmes se réduisent.

Il semble y avoir les effets d'une société plus égalitaire, explique Mikael Elinder. Le nombre de femmes sachant nager a augmenté et elles ont des vêtements plus pratiques, ainsi que l'habitude de prendre leurs propres décisions, ce qui semble également influer sur la survie en cas de catastrophe.

Le fait que les hommes s'en sortent le mieux, est également corroborée par le nombre de morts après le tsunami de 2004.

Selon la théorie économique, l'égoïsme semble contrôler notre comportement dans une situation où la vie est en danger. La recherche expérimentale montre que les hommes sont plus égoïstes, mais aussi qu'ils comprennent mieux les exercices et le fonctionnement des équipements.

Les naufrages qui ont fait l'objet de cette étude sont les suivants :

HMS Birkenhead, GB, 1852, 365 victimes, 191 survivants.
SS Arctic, USA, 1854, 227 victimes, 41 survivants.
SS Golden Gate, USA, 1862, 206 victimes 172 survivants.
SS Northfleet, GB, 1873, 287 victimes, 80 survivants.
RMS Atlantic, GB, 1873, 538 victimes, 330 survivants.
SS Princess Alice, GB, 1878, 697 victimes, 140 survivants.
SS Norge, Danemark, 1904, 635 victimes, 160 survivants.
RMS Titanic, GB, 1912, 1496 victimes, 712 survivants.
RMS Empress of Ireland, GB, 1914, 983 victimes, 465 survivants.
RMS Lusitania, GB, 1915, 1190 victimes, 137 survivants.
SS Princess Mafalda, Italie, 1927, 309 victimes, 877 survivants.
SS Vestris, GB, 1928, 125 victimes, 183 survivants.
SS Morro Castle, USA, 1934, 130 victimes, 412 survivants.
MV Princess Victoria, GB, 1953, 135 victimes, 44 survivants.
SS Admiral Nakhimov, Russie, 1986, 423 victimes, 820 survivants.
MS Estonia, Estonie, 1994, 852 victimes, 137 survivants.
MS Princess of the Stars, Philippines, 2008, 791 victimes, 59 survivants.
MV Bulgaria, Russie, 2011, 110 victimes, 76 survivants.

Le total de victimes de ces catastrophes s'élève à 8784 personnes pour 5036 survivants. 

L'étude complète se trouve à cet endroit.


Le naufrage du steamer Victoria,  échoué sur les roches de l'Ailly, à moins de 2 milles de la côte. Ce navire ne fait pas partie de l'étude, mais j'en ai longuement parlé dans ce billet et les suivants.


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